Conciliation

L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle dans la profession juridique : une tâche inachevée ?
« L’incapacité temporaire due à des brûlures au deuxième degré ne constitue pas un motif suffisant pour suspendre un procès. » Telle fut la réponse d’un greffier à un avocat de Valence qui demandait le report d’une audience. Bien que l’avocat ait fourni des documents attestant de son incapacité, il fut finalement contraint de comparaître.
Cette situation, qui s'est produite au cours de l'année écoulée, n'est pas un cas isolé. De nombreux professionnels du droit se voient refuser le report d'audiences et de délais pour raisons médicales, maternité ou circonstances personnelles graves.
Pour cette raison, le Abogacía Española L’Ordre des avocats poursuit son travail de sensibilisation aux droits des professionnels du droit. En juin 2025, il a approuvé le Règlement sur la protection professionnelle afin de garantir la qualité du système de justice publique et le droit à la défense des personnes qu’ils représentent. Ce projet bénéficie de l’expertise de la Commission sur l’équilibre vie professionnelle-vie privée, la déconnexion numérique et le bien-être, qui vient de publier un guide et de lancer une campagne de sensibilisation sur ce sujet.
Concilier vie professionnelle et vie personnelle n'est pas un privilège, mais un droit reconnu par la loi. Les avocats bénéficient des mêmes congés que les autres travailleurs, notamment : le droit au repos, la suspension des comparutions devant le tribunal pour la naissance d'un enfant, la garde d'enfants et l'adoption ; un congé maladie justifié par un certificat médical ; un congé en cas d'hospitalisation grave d'un membre de la famille ; et un congé en cas de décès d'un proche.
Cependant, malgré la réglementation en vigueur, notamment la loi organique relative au droit à la défense, son application pratique reste entravée par le pouvoir discrétionnaire des juges. De ce fait, de nombreux professionnels sont contraints de solliciter l'appui de leur ordre professionnel afin de garantir leurs droits et ceux de leurs clients.
Une enquête récente menée auprès des barreaux révèle des données significatives : les cas médicaux spécifiques (maladie, accident et hospitalisation) représentent la majorité des demandes de protection, soit 67 %. La maternité et les grossesses à risque sont d’autres scénarios généraux pertinents (18 % et 9 % respectivement), mais moins fréquents.
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