29 Novembre 2023

Une opportunité que nous ne pouvons pas manquer

À de nombreuses reprises, je suis jugé sur mes paroles comme un optimiste désespéré. Et je ne nierai pas que j’ai tendance à considérer l’avenir comme une réalité pleine d’opportunités. Bien entendu, cela ne veut pas du tout dire que je ne suis pas pleinement conscient de la réalité complexe dans laquelle nous vivons et des nombreuses difficultés auxquelles le système judiciaire espagnol est confronté.

Le 24 novembre, j'ai eu l'occasion de m'adresser aux principaux acteurs du monde judiciaire lors d'une rencontre organisée par le New Economy Forum à laquelle j'étais invité comme conférencier. J'y ai expliqué sans aucune hésitation que la Justice vit l'un des moments les plus compliqués de mémoire : avec un CGPJ qui n'a pas été renouvelé depuis cinq ans, des tribunaux effondrés après la pandémie, blessés par une vague de grèves qui n'ont peut-être pas pris fin, et un secteur juridique gravement endommagé par les crises économiques dérivées de tout ce qui précède.

Mais j’ai aussi dit que les citoyens continuent de croire en leur justice. Les Espagnols sont allés résoudre leurs problèmes devant les cours et tribunaux à près de sept millions de reprises au cours de l’année 2022 et il y en aura sûrement davantage au cours de cette année qui touche à sa fin. Bien qu'ils soient conscients que la qualité du service n'est pas celle qu'ils souhaiteraient et que les délais de résolution des problèmes ne satisfont presque personne, ils ont besoin de réponses de ce qui constitue l'un des piliers de tout État démocratique : la justice.

Le début d'une nouvelle législature qui commence avec un dossier rempli de lois qui affectent pleinement le fonctionnement des cours et tribunaux et dont l'approbation a été contrariée par l'avancée électorale, ainsi que la forte émergence d'une nouvelle impulsion technologique ouvrent une nouvelle perspective qui offre à l’avenir de notre secteur une nouvelle opportunité d’avancer. Si tout va bien, c’est à ce moment-là que devraient être introduits les changements procéduraux et organisationnels qui se préparent depuis cinq ans. Et ils le feront, en outre, à une époque de changement systémique dans l’exécution des processus bureaucratiques grâce à la robotisation de certaines procédures administratives et à l’explosion de l’intelligence artificielle générative appliquée à tous les domaines professionnels.

Il est impossible de prévoir l'ampleur de cet impact, mais il marquera sans aucun doute un tournant dans le fonctionnement de la Justice que nous avons tous construit depuis l'approbation de notre Constitution en 1978. Cette nouvelle Justice, plus efficace et qui garantit pleinement les droits de citoyenneté n'arriveront pas du jour au lendemain grâce à la publication de certaines lois au Journal Officiel de l'État. Nous devrons le faire ensemble : gestionnaires publics, juges, procureurs, avocats, experts, fonctionnaires et, surtout, professionnels du droit.

Les avocats sont les plus nombreux et constituent un élément essentiel du système. Parce que c’est nous qui incitons les procédures, qui évaluons l’opportunité de les lancer et qui les guidons dans le difficile labyrinthe judiciaire. Nous sommes en somme un acteur absolument incontournable dont la participation marquera l’avenir des années à venir.

C'est pourquoi, en tant que représentant de la profession juridique, j'ai exigé lors de la réunion publique à laquelle j'ai fait allusion - non pas pour nous mais pour les citoyens - une justice où les droits des Espagnols continuent de progresser. Parmi ces mesures, j'ai fait allusion à tout ce qui concerne les conditions dans lesquelles est fourni le service de Justice Libre, loué par ceux qui l'utilisent car il est maltraité dans sa compensation par les administrations publiques. J'ai parlé à ceux qui prennent les grandes décisions dans le domaine de la Justice de l'urgence de réorienter notre système. Je leur ai demandé, une fois de plus, de parvenir à un grand accord national pour placer la justice à la place que nous méritons tous. Et je leur ai proposé, logiquement, notre engagement absolu à contribuer à sa réalisation.

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