05 Février 2024

L’impuissance de l’incommunication

Un problème que les personnes privées de liberté transmettent quotidiennement aux services pénitentiaires d'assistance juridique et d'orientation est le manque de communication avec leurs avocats. Cela se produit, notamment dans les nominations de l'Aide Judiciaire, pour diverses raisons ; soit parce que le détenu ne sait pas qui est le professionnel du droit désigné dans un cas donné, souvent en raison du délai qui s'écoule entre la première assistance et la poursuite de la procédure, soit parce que les personnes privées de liberté n'ont pas avec moi la documentation de ses affaires, soit parce que le professionnel ne lui rend pas visite après son entrée en prison, souvent parce qu'il ignore son séjour en prison, soit parce que le centre pénitentiaire n'autorise pas le numéro de téléphone de l'avocat, en raison de l'impossibilité de le faire. la personne privée de liberté peut prouver qu'elle est son avocat.

La SOAJP tente de résoudre les situations susmentionnées en cherchant à faciliter la communication entre les personnes privées de liberté et leurs avocats, car elle est considérée comme essentielle pour l'exercice du droit de la défense et pour la satisfaction des justes intérêts des détenus. S’il n’y a pas de communication, outre l’impuissance logique dont souffrent les personnes privées de liberté en raison de la réduction de leur défense, la méfiance dans l’exercice professionnel du droit, notamment dans l’Aide Judiciaire, en devient une conséquence naturelle.

Il est nécessaire d'établir un système qui permette aux personnes privées de liberté de savoir qui est le professionnel désigné dans chacune de leurs démarches. Cela semble être une question triviale, mais cela peut souvent faire la différence entre exercer une défense générique ou une défense individualisée dans la situation réelle et en pleine connaissance de tout l'historique procédural de la personne privée de liberté afin d'en prévoir toutes les conséquences. conséquences.

Quoi qu'il en soit, en tant que professionnels du droit, nous devons être conscients de la situation d'incommunication qu'implique la condition de privation de liberté, c'est pourquoi une attention et une préoccupation particulières sont nécessaires pour éviter cette situation d'impuissance qui génère la simple ignorance de qui il s'agit. le professionnel désigné et chargé de sa défense dans la démarche.

Les membres du SOAJ considèrent les visites dans les prisons comme un moyen essentiel pour garantir l'exercice des droits des personnes privées de liberté. L'isolement qu'entraîne la prison augmente si la profession juridique ne cherche pas à être présente à l'intérieur des prisons. Sentir sa froideur, sa solitude, percevoir ses odeurs, observer ses recoins, ses regards, c'est comprendre la nécessité essentielle de la communication face à face pour défendre non seulement un prisonnier mais toute personne qui doit se présenter devant l'administration de la justice.

D’un autre côté, nous sommes conscients de la tendance à établir une communication entre les professionnels du droit et les détenus par des moyens télématiques, mais cela ne devrait JAMAIS remplacer les visites en personne dans les prisons.

Commission consultative judiciaire pénitentiaire d'Ourense (CAXPOU)

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