Blog sur le droit de la consommation
Mai 13 2026
Par Mateo Juan Gomez
Partenaire Juridique Buades
I-Introduction
Les litiges de consommation font partie des domaines où les clients délèguent volontiers l'exercice de leurs droits aux professionnels qui les représentent. Parfois, cela tient au faible enjeu financier du procès : ils confient alors l'intégralité de la procédure au professionnel en échange d'un pourcentage des gains obtenus. Dans d'autres cas, c'est tout simplement par méconnaissance des formalités. Enfin, dans d'autres cas encore, c'est par simple réticence aux procédures en ligne.
C’est pourquoi il n’est pas inhabituel que le client confie à son avocat une tâche aussi mécanique et routinière que la préparation de l’acte en faveur de ce dernier auprès du tribunal.
Toutefois, même si cela peut paraître évident, il est important de souligner que tout pouvoir doit être conféré par le mandant et non par le mandataire, ni par quelqu'un qui prétend agir au nom du mandant sans en avoir le pouvoir.
La nomination au tribunal – tout comme l’octroi d’une procuration pour un litige – n’est pas une simple formalité vide, mais est pleinement ancrée dans le droit fondamental à une protection judiciaire effective et dans les règles générales du mandat civil, auxquelles l’article 27 du Code de procédure civile fait expressément référence.[1].
II-Article 24 LEC.
Le précepte stipule :
« La procuration par laquelle une partie confère sa représentation à un mandataire peut être conférée de l'une des manières suivantes :
Il convient de rappeler que la procuration électronique délivrée par un tribunal doit respecter les mêmes exigences et garanties que la procuration traditionnelle, établie en personne devant le greffier. Ce dernier, en sa qualité d'officier public, garantit que le mandant est bien partie à la procédure et qu'il agit en faveur de son représentant. Cette attestation publique est remplacée par le certificat électronique, mais elle est infalsifiable.
Voilà pour l'évidence. Passons maintenant au point crucial : qu'advient-il du mandat informel donné par le client à l'avocat afin que ce dernier, au nom du mandant, exécute la procuration devant le tribunal ?
Autrement dit, l'exigence que la procuration devant le tribunal soit accordée par la partie procédurale est soit une exigence matérielle (qui peut donc être surmontée par la preuve de l'intention de la partie ou par sa ratification ultérieure), soit une exigence de strict formalisme.
III-Arrêt 268/2026 de la Audiencia Provincial Barcelone, Section 11, 20 avril.
Dans l'audience prévue, la cour examine un recours formé par un établissement financier contre le jugement du tribunal de première instance de Barcelone, section civile, Plaza 50, qui a déclaré abusives certaines clauses d'un contrat de prêt hypothécaire. Ces clauses concernaient notamment le taux plancher du prêt, les frais et la clause de remboursement anticipé, ainsi que l'obligation de remboursement des sommes versées.
Or, en l'occurrence, la procuration devant le tribunal avait été remplie par l'avocat lui-même, qui déclara avoir reçu cette commission de son client à ces fins, pour une question purement opérationnelle, faisant allusion à une autorisation privée conférée par le client.
En réponse, la Cour, infirmant la décision du tribunal inférieur, est sans équivoque :
«Il n'est pas acceptable qu'un tiers confère une procuration devant un tribunal au nom des personnes concernées, notamment lorsque la relation avec elles est inconnue et que l'autorisation de conférer la procuration n'a pas été dûment formalisée.
Ainsi, si un tiers se présente au nom de la partie pour accorder une procuration devant le tribunal, il doit prouver qu'il détient cette représentation, et sa simple déclaration ou une autorisation privée ne suffit pas à cette fin.»
Compte tenu de ce qui précède, et uniquement sur la base de ce qui précède, la demande est rejetée dans son intégralité. C'est tout à fait remarquable.[2].
À cet égard, il convient de rappeler que l’article 24.3 de la LEC, relatif à la procuration électronique, exige le respect des «exigences techniques« Et il se trouve que, précisément, sur le portail judiciaire électronique, l'avertissement suivant peut être lu[3]:
«Les personnes qui donnent procuration peuvent agir en leur nom propre ou au nom d'un tiers ou d'une entité. Dans ce cas, une documentation prouvant de manière fiable ladite déclaration doit être fournie.Le format de cette documentation peut généralement être un document numérique au format PDF ou, dans le cas d'un acte authentique établi devant notaire avec une date de protocole postérieure au 1er janvier 2017, le fichier CSV ou le code de vérification sécurisé attribué audit document.».
IV-En conclusion : les conséquences d’une erreur lors de la saisie.
L'erreur dans la saisie constitue un vice de procédure susceptible d'être corrigé («absence de représentation légale adéquateAinsi, si une telle irrégularité est constatée, le tribunal doit accorder à la partie un délai pour y remédier. En l'espèce, le tribunal de première instance n'a pas procédé ainsi ; par conséquent, Audiencia Provincial ce délai a été accordé avant la révocation de la sentence et l'irrecevabilité de la demande.
L’appréciation du tribunal provincial quant à l’insuffisance d’une procuration ou d’un mandat privé est particulièrement pertinente, car elle exige une preuve vérifiable.
Quoi qu’il en soit, ce type de décisions, toujours intéressant, souligne l’importance d’une extrême prudence dans le respect des formalités rigoureuses qui encadrent la procédure. Formalités et procédure qui ne constituent qu’une garantie, comme le rappellent Asencio Mellado et Fuentes Soriano.[4]Parmi les nombreuses fonctions que le processus judiciaire est appelé à remplir, celle de garantir les droits et libertés que les lois reconnaissent aux citoyens devient la pierre angulaire de l'État de droit.
Faisons donc preuve de prudence dans l’exercice de nos droits. Comme l’a averti Baltasar Gracián :
«Il est sage d'éviter les désagréments. La prudence prévient bien des problèmes.».
[1] «En l’absence de disposition expresse concernant la relation entre le mandant et le mandataire, ce sont les règles établies pour le contrat de mandat par la législation civile applicable qui s’appliquent.».
[2] Il convient de souligner que l'acteur a été autorisé à remédier au défaut, conformément à l'article 231 LEC qui l'y oblige expressément, et qu'il n'a pas joint une procuration notariée conférée par son client, ce qui, selon le jugement, aurait pu valider la situation.
[3] Apud Acta Procuration – Siège judiciaire électronique
[4] Le processus comme garantie Éditeur : Atelier. Mai 2023.