Avril 30 2026

Déclaration responsable à l'intention des éleveurs : intervenez lorsque le mal est déjà fait.

Par María González Lacabex, CCoordonnatrice du groupe d'étude sur le droit animalier Colegio de la Abogacía de Bizkaia.

En mars 2026, le ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l'Agenda 2023, par l'intermédiaire de la Direction générale des droits des animaux, a soumis à consultation publique et à information le projet de décret royal qui établira les règles de base pour l'organisation des centres zoologiques pour animaux de compagnie.

Ce règlement s'avère notamment un outil essentiel pour lutter contre les graves problèmes liés à l'élevage incontrôlé et nuisible des animaux, et pour doter les autorités des moyens efficaces d'y faire face. Il s'agit d'une activité fondée sur l'exploitation reproductive des animaux, motivée par des intérêts exclusivement privés et, dans certains cas, très lucratifs, mais pratiquée en l'absence quasi totale de contrôle public.

Déclaration de responsabilité vs. Autorisation expresse

Le projet de décret royal soumis à consultation publique stipule que, pour qu'un élevage soit légal, dans certains cas, comme l'élevage à domicile, il suffira que ses propriétaires fournissent une déclaration de responsabilité attestant qu'ils respectent les exigences. Bien que cette déclaration doive être accompagnée d'un certificat vétérinaire, elle est totalement insuffisante.

La déclaration de responsabilité est un mécanisme généralement utilisé pour les activités inoffensives ou à faible impact, afin d'accélérer les démarches administratives. La personne responsable déclare être en conformité avec la loi et s'engage à exercer son activité conformément à la réglementation applicable. En cas de contrôle ou de constatation d'un manquement par les autorités compétentes, la personne responsable s'expose aux sanctions correspondantes.

En pratique, la déclaration de responsabilité pose de nombreux problèmes lorsqu'il s'agit d'une activité telle que l'élevage.

D'une part, il s'agit d'êtres vivants ; le non-respect des obligations légales est donc loin d'être anodin, car il implique la création d'un danger objectif ou le préjudice réel causé aux animaux, préjudice qui peut même être irréversible. Autrement dit, l'administration interviendra (le cas échéant) « une fois le mal déjà fait ».

En revanche, la réglementation en matière de protection animale doit avant tout être préventive. Il ne suffit pas d'instaurer des sanctions pour les contrevenants ; il est nécessaire de créer un système d'obligations qui prévienne, entrave ou dissuade la non-conformité. Autoriser le début d'une activité de reproduction par une simple déclaration est tout sauf de la prévention.L'efficacité de cette règle, dans ces cas précis, repose sur un supposé contrôle ultérieur de l'administration, contrôle qui, nous le savons très bien, n'a pas lieu en pratique.

À cet égard, l’association INTERCIDS, Opérateurs légaux pour les animaux, a exprimé son opposition à cette disposition :

« Le fait qu’il s’agisse d’établissements hébergeant des animaux, c’est-à-dire des êtres vivants sensibles, devrait déjà avoir un impact sur leur bien-être et leur santé, et donc justifier l’exigence inexcusable d’une autorisation administrative expresse avant leur mise en œuvre effective. La déclaration de responsabilité est un mécanisme destiné aux activités inoffensives ou sans risque, or celles impliquant des êtres vivants ne peuvent être considérées comme telles. »

L'entité a proposé que, même s'il est décidé que ce chiffre doit être inclus dans certains cas, le décret royal comprenne en tout état de cause l'obligation expresse que, dans un délai maximal court à compter de la présentation de la déclaration de responsabilité, l'administration publique compétente inspecte les installations du noyau, afin de déterminer la conformité à toutes les exigences et, le cas échéant, sa fermeture et sa sanction en cas d'infraction.

Autres contrôles nécessaires

L'expérience pratique des juristes membres d'INTERCIDS révèle que les inspections de ce type d'établissements sont trop souvent menées sans préavis au propriétaire, ce qui engendre des fraudes, la disparition de preuves, des conséquences néfastes pour les animaux et une inefficacité générale de ces contrôles, avec pour conséquence l'impunité. C'est pourquoi cette organisation insiste sur le fait que les inspections aléatoires périodiques doivent inclure des interventions inopinées, et qu'elles doivent systématiquement être inopinées lorsqu'elles font suite à une plainte ou en cas de soupçons d'irrégularités.

Par ailleurs, afin de garantir l’exercice des fonctions de contrôle par l’autorité compétente en toute sécurité juridique, dans le cas des centres zoologiques situés dans des habitations privées, INTERCIDS a proposé que leurs propriétaires, lors de la demande de permis de centre zoologique, fournissent une déclaration dans laquelle ils autorisent expressément et préalablement l’autorité à entrer afin d’effectuer les contrôles.

Pour véritablement contrôler, ou pour blanchir

Le futur décret royal réglementant les centres zoologiques pour animaux de compagnie est une réglementation étatique très importante et nécessaire, mais il doit être soigneusement élaboré pour être efficace et atteindre les objectifs de protection adéquate des animaux et de leur maintien dans des conditions de bien-être, ainsi que de contrôle sanitaire.

Les exceptions ou assouplissements à ces obligations entravent non seulement le contrôle préventif, mais peuvent aussi servir de couverture à des activités illégales menées sous couvert d'un numéro d'enregistrement d'établissement zoologique délivré sans vérification préalable par l'administration et, comme nous le savons, sans inspection ultérieure. Nous sommes donc confrontés à un choix : soit contrôler véritablement une activité qui présente un risque extrêmement élevé et cause des dommages importants aux animaux, soit la légitimer par une réglementation spécifiquement conçue à cet effet. Espérons que le projet s'oriente vers la première option.

Liens connexes:

Projet de décret royal relatif aux établissements zoologiques pour animaux de compagnie : INTERCIDS demande une réglementation sans exception garantissant le contrôle de la reproduction – Intercids

 

Suite à l'interdiction de la vente de certains animaux en magasin, l'élevage devra être contrôlé – Intercidés

 

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