24 Février 2025

De la nécessaire impartialité des juges dans les procédures procédurales

Par Javier Martín, Secrétaire de la Commission pour l'égalité de la Consejo General de la Abogacía Española. 

Ces derniers temps, on parle beaucoup de l’indépendance des juges et des magistrats, en faisant toujours référence à la séparation des pouvoirs et à la non-ingérence entre eux. Une indépendance que non seulement le pouvoir judiciaire, mais aussi la profession juridique, ont considérée comme essentielle pour garantir l’État de droit démocratique établi par notre Constitution et pour préserver le droit à l’égalité et à une protection judiciaire effective.

Mais cette indépendance doit également s’appliquer dans la sphère personnelle, afin que le juge soit dans tous les cas impartial dans l’administration de la justice. L’impartialité est déjà incluse dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans son article 10, lorsqu’elle établit que « …toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. ».

L'impartialité est si importante que les membres de la carrière judiciaire, au moment de prendre possession de leur premier poste et lors de leur ascension en grade dans ladite carrière, doivent prêter serment ou promettre « …d’administrer une justice juste et impartiale » (art. 318 de la Loi Organique du Pouvoir Judiciaire). Une obligation qui se reflète dans la récente Loi Organique réglementant le Droit à la Défense, qui reconnaît dans son article 3.2, comme partie du contenu matériel du droit à la défense dont disposent les citoyens, le droit à un juge impartial.

Cette impartialité doit toujours et dans tous les cas être respectée par le juge, le magistrat ou le magistrat, non seulement dans sa sphère la plus privée, mais aussi surtout dans sa manière de se conduire dans les actes procéduraux, évitant ainsi qu'ils puissent être affectés par des préjugés, qu'ils soient politiques, religieux, de genre, sexuels, d'âge ou de toute autre nature. Dans le cas contraire, ses actions et ses décisions seraient invalidées, car il lui manquerait cette impartialité essentielle.

L’une des manières les plus significatives et visibles dont un juge agit est son intervention lors des comparutions, des audiences et des procès, ainsi que lors de la prise des déclarations des suspects, des accusés et des témoins. Le respect et l’égalité de traitement de toutes les parties nous permettront de démontrer cette impartialité, qui doit être encore plus scrupuleuse, si possible, lorsqu’on a affaire à une victime, surtout si celle-ci est victime de violences sexistes ou sexuelles, ou si elle est mineure ou si elle est une personne handicapée. Ceci est indiqué dans l'article 3.1 de la loi 3/2015, du 27 avril, sur le statut de la victime d'infractions, qui détermine que « …toute victime a droit à la protection, à l’information, au soutien, à l’assistance, aux soins et à la réparation, ainsi qu’à une participation active au processus pénal et à un traitement respectueux, professionnel, individualisé et non discriminatoire dès son premier contact avec les autorités ou les fonctionnaires. ».

Un traitement irrespectueux, un interrogatoire coercitif ou des évaluations qui peuvent donner à la victime le sentiment d'être celle qui fait l'objet d'une enquête ou d'une inculpation, non seulement entraînent une revictimisation de la victime, mais génèrent également une grave méfiance envers le système judiciaire, ce qui finirait par dissuader le sujet passif du délit de dénoncer à la police et aux autorités judiciaires ces comportements qui violent l'intégrité physique ou la liberté sexuelle des femmes, des mineurs et des personnes handicapées. Cela effacerait rapidement les progrès significatifs réalisés depuis tant d’années et au prix de tant d’efforts en matière d’égalité et de lutte contre les violences faites aux femmes. Il est donc nécessaire d’être particulièrement vigoureux à l’égard des comportements des juges et des magistrats qui dénotent ou laissent soupçonner un manque d’indépendance, découlant de l’existence de préjugés de quelque nature que ce soit.

 

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