Septiembre 12 2025

Collation et calcul dans l'héritage : des concepts à ne pas confondre

Par Pigeon Abad Tejerina, président de l'Association des avocats spécialisés en droit de la famille, de l'enfance et des successions de Madrid (www.somosamafi.es)

En matière de succession, peu de questions ont généré autant de confusion pratique que la différence entre collation y informatique des dons.

Il s’agit de deux transactions distinctes qui affectent tous les héritiers – et pas seulement les enfants ou les héritiers directs – et qui doivent être clairement différenciées pour éviter les erreurs dans les processus de partage successoral.

La informatique (art. 818 CC) consiste en Ajouter à la succession tous les biens donnés du vivant du défunt, tant aux héritiers réservataires qu'à des tiers, pour calculer la part réservataire. Il s'agit d'une opération obligatoire et impérative, indépendante de la volonté du testateur. Son but est de garantir que tous les héritiers réservataires reçoivent la part minimale qui leur est réservée par la loi.

Au contraire, le collation (arts. 1035 et ss. CC) est une opération partage entre héritiers réservatairesElle repose sur l'idée que ce qu'un héritier reçoit de son vivant constitue une avance sur ce à quoi il a droit dans l'héritage. Cependant, le testateur peut se passer de collation (art. 1036 CC), afin que le donataire n'ait pas à « mettre en compte » ce qu'il a déjà reçu au moment du partage.

Qu'est-ce que cela dit à ce sujet ? Tribunal Supremo

Cette différenciation a récemment été clarifiée par le Tribunal Supremo dans son arrêt 457/2025, du 24 mars (ECLI:ES:TS:2025:1226), qui a résolu un appel découlant d'un partage judiciaire de succession dans lequel la question était de savoir si les dons effectués avec dispense de collation devaient ou non être inclus dans l'inventaire.

C'était clair :

  • La la collation peut être supprimée, puisqu'il s'agit d'une opération d'ajustement entre héritiers réservataires.
  • La l'informatique ne peut jamais être évitée, car elle est essentielle au calcul de la part légitime. Même les dons exemptés de collecte doivent être inclus.

Jurisprudence consolidée

La décision s’inscrit dans le droit fil de précédents tels que STS 468/2019, du 17 septembre, la STS 578/2019, du 5 novembre, Ou la STS 184/2022, du 3 mars, consolidant une ligne claire : le terme « dons collatable » dans l'art. 818 CC est utilisé de manière impropre et doit être compris comme dons calculables à des fins légitimes.

Implications pour la pratique successorale

Cette doctrine affecte directement le travail des avocats, des notaires et des juges :

  • Renforce la protection de la légitime (art. 806 et 807 CC).
  • Assure la sécurité dans la rédaction des testaments et dans les litiges successoraux.
  • Empêche que la dispense de collation soit utilisée pour réduire secrètement la part minimale réservée aux héritiers réservataires.

Finalement:

La STS 457/2025, du 24 mars, marque un avant et un après en soulignant que :

  • Calcul = toujours obligatoire, pour calculer les parts légitimes.
  • Collation = opération de partitionnement superflue.

Il y a certains éléments de connaissance qui sont incontournables : la distinction entre collation et calcul en est un, car tout avocat, tôt ou tard, se retrouvera à l'appliquer dans sa pratique professionnelle.

Et c’est une précision nécessaire qui apporte une sécurité juridique et que tous les professionnels du droit devraient garder à l’esprit lorsqu’ils pratiquent le droit successoral.

 

 

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