Janvier 21 2026
Journée de la médiation : « Le rôle de la profession juridique »
Par Marta Martinez et Gellida, président de la Commission sur les modes appropriés de règlement des différends (MARC) de Consejo General de la profession juridique
L'année dernière, à la même période, nous avons appris la décision du Parlement de privilégier les règlements amiables aux procédures judiciaires exclusives pour la résolution des problèmes et litiges des citoyens découlant de leurs relations juridiques. Plus précisément, la loi organique 1/2025 du 2 janvier relative aux mesures concernant l'efficacité du Service public de la justice est entrée en vigueur le 3 avril 2025. L'application de l'exigence procédurale de dépôt d'une plainte, compte tenu de l'obligation d'épuiser tous les recours extrajudiciaires, suscitait des incertitudes.
De fait, les critiques ont été nombreuses et variées, émanant de tous les secteurs. Des propositions ont été formulées pour élargir les exceptions à l'exigence procédurale. Il semble que le besoin primordial de la profession juridique soit de recourir au contentieux pour résoudre les grands problèmes de société. Il semble que les avocats aient besoin d'un jugement pour obtenir la satisfaction et l'approbation de leurs clients. L'idée qu'un jugement soit la clé du succès persiste encore parmi nos confrères.
Mais l'opinion est loin d'être unanime ; une minorité significative adopte une approche radicalement différente. Cette minorité représente une partie de la profession qui, ayant subi de longues procédures judiciaires, des difficultés d'exécution des jugements, des retards injustifiés au tribunal et des décisions insatisfaisantes pour les deux parties, a opté pour une approche plus proactive et conciliante. Cette approche leur permet de jouer un rôle essentiel dans la conclusion d'accords, la satisfaction des clients et l'optimisation de leur intervention, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles procédures où leur expertise est à nouveau indispensable. La véritable clé du succès réside dans la capacité de nos professionnels – les avocats – à transformer les conflits en accords.
Nous appartenons à cette partie de la profession juridique qui croit que notre force et notre engagement résident non pas dans l'imposition de nos exigences, mais dans la compréhension et l'écoute afin de parvenir à un accord après une bonne analyse du différend.
Nous sommes cette partie de la profession juridique qui conçoit son rôle comme une fonction sociale, accomplie pleinement lorsque, par une pratique intègre et transparente, nous prévenons les litiges et parvenons à des solutions juridiquement solides. Garantir ce principe fondamental du droit est primordial, et notre ordre professionnel en est le garant. Lorsque les professionnels du droit agissent de manière proactive, pratiquent l'écoute active et structurent les négociations pour résoudre les conflits entre les parties, ils évitent non seulement les litiges, mais contribuent également à bâtir une justice fondée sur le consensus. Cette fonction préventive et transformatrice doit nous définir, et elle relève de notre responsabilité sociale. Un conflit ne doit pas être appréhendé comme une bataille judiciaire, mais comme un défi à relever.
Il est indéniable que les professionnels du droit se sont toujours distingués par leur habileté à défendre, à faire respecter le droit à la défense. Mais les temps ont changé : les avocats ne se contentent plus de défendre, ils guident, accompagnent et transforment. Force est de constater qu’avec de telles compétences, le droit n’impose pas, il reconstruit.
Récemment, le Congrès des députés a approuvé une proposition non législative visant à exclure l'obligation de recourir à un mode alternatif de règlement des différends (MARD) ou à une médiation assistée par ordinateur (MACO) en tant qu'exigence procédurale dans les procédures familiales impliquant des mineurs, au motif que l'exigence de médiation, de conciliation ou de négociation assistée retarde les décisions urgentes concernant la garde, les droits de visite et la pension alimentaire.
Cette importante minorité d'avocats est loin de considérer que seul un juge peut garantir la protection d'un mineur.
Cette importante minorité d'avocats est loin de considérer qu'un système alternatif – ou, comme on l'appelle désormais, un système adapté – pourrait laisser les mineurs dans des situations de vulnérabilité.
Tout en reconnaissant la bonne intention de cette proposition, il convient de souligner qu'elle est incomplète et contre-productive. En effet, la véritable protection d'un enfant ne repose pas uniquement sur une décision de justice, mais aussi sur la cessation des conflits et l'instauration d'une coopération entre les adultes qui l'entourent. C'est précisément à ce stade que les professionnels du droit doivent intervenir de la manière la plus efficace, que ce soit par le biais d'une négociation assistée ou collaborative, ou avec l'aide d'un autre professionnel spécialisé dans la réduction des tensions émotionnelles entre les parties et la prévention de l'instrumentalisation de l'enfant dans le conflit. De tels professionnels existent, et nombre d'entre eux font partie intégrante de notre organisation. Ensemble, nous pouvons parvenir à des accords rapides et équilibrés qui atténuent l'impact émotionnel de la rupture et du conflit familial, aboutissant à des règlements fondés sur des bases solides, durables et réalistes, bien plus faciles à mettre en œuvre que les jugements.
En résumé, et sans aucun doute, un accord consensuel offre une meilleure protection à l'enfant qu'une peine imposée.
Il ne faut pas négliger les situations familiales où les tensions, la souffrance ou la méfiance entre les parents sont fortes, voire très fortes. Malgré ces tensions, la négociation reste possible. per seSans doute une négociation spontanée sans encadrement, méthode ni soutien technique est-elle impossible, mais c'est là que les professionnels du droit jouent un rôle crucial. Ils cessent d'être de simples témoins d'une rupture et deviennent des facilitateurs au sein d'un processus juridique structuré qui nous permet de réorienter la situation et de rendre un accord possible. Il est essentiel de reconnaître que les conflits familiaux n'ont pas besoin de plus d'émotions ; ils ont besoin d'une structure adéquate, d'un cadre que seuls les juristes peuvent fournir.
La profession juridique, forte de racines anciennes, se doit d'assumer cette responsabilité renouvelée que nous impose le législateur, car la dépénalisation n'est pas seulement une nécessité, mais aussi une évolution naturelle de l'État de droit, qui privilégie une culture du dialogue. Nous devons être les garants non seulement du droit d'ester en justice ou du principe pro actionmais plutôt le droit de trouver des solutions justes pour construire et transformer. Nous vivons une période de changement, car nous devons non seulement défendre nos positions, mais aussi comprendre les conflits, anticiper les scénarios et faciliter les accords. Cela fait partie de notre mission sociale, car transformer un conflit en un accord solide, c'est non seulement rendre justice, mais aussi redonner ses lettres de noblesse à la profession et reconstruire les relations, en permettant aux personnes de se réécouter. Nous exerçons ainsi l'essence même de notre métier.




