Juillet 10 2026
Plus de 500 femmes signalent chaque jour des violences sexistes : des avocats se réunissent à Burgos pour renforcer la protection des victimes
Chaque jour, plus de 500 femmes franchissent les portes d'un commissariat ou d'un tribunal pour signaler les violences qu'elles subissent. Derrière chaque plainte se cache une histoire différente, mais toutes ont un point commun : le besoin d'une réponse judiciaire rapide, coordonnée et spécialisée qui garantisse leur protection dès le départ.
À cette fin, le Consejo General de la Abogacía Española La XIVe Conférence des avocats spécialisés dans les violences faites aux femmes s'est tenue ces jours-ci à Burgos. Il s'agit du principal rendez-vous national d'échange de connaissances pour les professionnels qui œuvrent quotidiennement à la défense des victimes.
La nécessité de poursuivre les progrès est évidente. Selon les dernières données de l'Observatoire contre la violence sexiste Consejo General del Poder Judicial Selon le Consejo General de la Abogacía Españolade la magistrature (CGPJ), au cours du premier trimestre 2016, les tribunaux ont enregistré 50 911 plaintes pour violences sexistes, soit une hausse de 6.4 % par rapport à la même période de l’année précédente. Parmi ces plaintes, 45 220 femmes ont été identifiées comme victimes durant les trois premiers mois de l’année, et plus de 18 400 ordonnances de protection ont été prononcées. Trois plaintes sur quatre ont été déposées par les victimes elles-mêmes, témoignant de la difficulté pour elles de briser le silence et de demander de l’aide.
Dans un paysage juridique en constante évolution, la spécialisation est plus importante que jamais. L’élargissement de la compétence des juridictions spécialisées pour traiter certaines infractions de violence sexuelle, la création de nouveaux tribunaux de première instance et l’entrée en vigueur de la loi organique 1/2025 relative aux mesures d’efficacité du service public de la justice constituent de nouveaux défis pour tous les professionnels du droit et exigent une formation professionnelle continue.
« La violence fondée sur le genre exige une réponse juridique d’excellence, coordonnée et profondément humaine. Chaque cas représente une vie qui a besoin d’être protégée, et cette responsabilité oblige tous les professionnels du droit à poursuivre leur formation, à partager leurs expériences et à œuvrer ensemble pour offrir la meilleure réponse possible aux victimes. »
Marga Cerro, avocate et présidente de la Commission pour l'égalité Abogacía Española.
Pendant deux jours, des avocats, des juges, des procureurs et d'autres spécialistes ont analysé certaines des questions au cœur du débat juridique actuel sur ce sujet. Le programme a abordé des thèmes tels que la protection intégrale des enfants et des adolescents, la responsabilité civile en cas de violences sexistes et d'atteintes à la liberté sexuelle, les conséquences pratiques de la loi organique 1/2025 sur l'efficacité du service public de la justice, les nouvelles questions de compétence soulevées par les juridictions inférieures et l'évolution de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme en matière de violences sexistes.
La conférence a également réuni des personnalités éminentes du monde juridique, notamment María Eugenia Prendes Menéndez, procureure de la Division des violences sexistes du parquet général de l'État ; Esther Rojo Beltrán, présidente de l'Observatoire contre les violences domestiques et sexistes du Consejo General de la Abogacía Españolade la magistrature ; et Javier Hernández García, juge d'instruction de la deuxième chambre du tribunal de grande instance. Tribunal SupremoAntonio Gastaldi Mateo, procureur délégué chargé des crimes contre l'administration publique au parquet provincial de Valence, et María Teresa Gonzalo Rodríguez, présidente du tribunal de première instance de Burgos et responsable de la section chargée des violences faites aux femmes, étaient présents. Ils étaient accompagnés de doyens et d'avocats spécialisés venus de toute l'Espagne, qui ont partagé leurs expériences et les meilleures pratiques acquises dans l'accompagnement quotidien des victimes.

Depuis 14 ans, ces conférences se sont imposées comme le principal forum de réflexion et de formation pour les avocats spécialisés dans les violences sexistes. Elles constituent un espace de partage de solutions, d'analyse des évolutions législatives et jurisprudentielles, et de réaffirmation d'une conviction commune : la protection efficace des victimes exige des professionnels toujours plus compétents et un système judiciaire capable de réagir avec sensibilité, rigueur et efficacité.
« Le barreau espagnol organise ces conférences depuis des années car nous sommes convaincus que le partage des connaissances est aussi un moyen de protéger les victimes. Réunir des experts juridiques de premier plan nous permet d’anticiper les nouveaux défis, d’échanger des expériences et de continuer à renforcer une assistance juridique toujours plus spécialisée et de meilleure qualité. »
Salvador González, président de Abogacía Española.
Car derrière chaque plainte se cache bien plus qu'une simple procédure judiciaire. Il y a une personne qui a pris la décision la plus difficile ; il y a peut-être des enfants qui ont aussi besoin de protection, et un avenir qui dépend, en grande partie, de la réponse qu'ils reçoivent dès le premier instant. C'est la raison d'être de ces conférences et de l'engagement qui, année après année, rassemble des avocats spécialisés venus de toute l'Espagne.




