Mai 13 2026
L'autre facette des plateformes de services juridiques : publicité trompeuse, fraude et manquements à la déontologie.
Avez-vous déjà vu en ligne des messages comme « Annulez vos dettes grâce à la seconde chance et éliminez-les à 100 % » ? Ou le slogan « Nous réglons les litiges bancaires avec des résultats garantis » ? Ou encore des offres comme « Nous évitons votre expulsion » ou « Nous vous obtenons un divorce en 48 heures » ?
Derrière ces messages de plus en plus fréquents sur les sites web et les réseaux sociaux se cache peut-être plus qu'une simple publicité agressive : il pourrait s'agir de fraudes, de pratiques trompeuses, voire de manquements à la déontologie. Ces dernières années, on a assisté à une prolifération de plateformes dédiées à attirer des clients pour des prêts de seconde chance. Cette croissance n'est pas négative en soi, car elle a permis à de nombreuses personnes de découvrir un mécanisme légal jusqu'alors inconnu : la possibilité pour les particuliers et les entreprises d'annuler leurs dettes et de repartir à zéro. Le problème survient toutefois lorsque certaines de ces entreprises franchissent les limites de la légalité et de la déontologie.
Les membres du groupe de travail pour la protection professionnelle des avocats contre les plateformes numériques de Consejo General de la Abogacía Española Ils mettent en garde contre le fait que nombre de ces plateformes, dont certaines sont présentes à l'échelle nationale, utilisent des données erronées, une législation obsolète ou font des promesses impossibles à tenir. De plus, elles facturent des frais opaques ou exorbitants qui « dénigrent la profession juridique ».
Le Groupe met en garde contre des pratiques abusives qui exploitent les personnes les plus vulnérables, notamment celles endettées en quête d'une seconde chance. Il rappelle à tous l'importance de consulter un avocat, car l'exercice de la profession est soumis à des garanties telles que la formation continue, la responsabilité professionnelle et le respect d'un code de déontologie strict.
La situation est alarmante. Les avocats dénoncent des pratiques telles que le démarchage de clients par le mensonge ou la proposition de services aux conditions opaques. Dans les cas les plus graves, on parle ouvertement de fraude : escroqueries, facturation abusive ou usurpation d’identité.
L'une des principales préoccupations concerne les manquements à la déontologie. Bien souvent, les personnes proposant ces services ne sont pas des avocats agréés, mais plutôt des « consultants » exerçant en dehors du cadre légal. Le fait d'éviter les rencontres en personne, de ne pas répondre aux appels, de refuser de fournir des copies de documents ou de faire pression sur les clients pour obtenir des paiements urgents sont des signes d'alerte évidents.
Le problème ne se limite pas aux secondes chances. Abogacía Española Le texte met également en garde contre les plateformes qui interviennent dans le domaine du logement — ciblant les personnes menacées d'expulsion, auxquelles elles promettent à tort de résoudre toute leur situation — ou dans le domaine du divorce, attirant des clients avec des messages de « divorce express » et de fausses garanties de rapidité ou de succès.
Pour éviter de tomber dans ce genre de pièges, les experts recommandent de toujours vérifier si le professionnel est inscrit auprès de son ordre professionnel. Un outil utile est… le recensement officiel disponible sur le site web du Abogacía Española« Si ce n’est pas répertorié, méfiez-vous », prévient le groupe de travail.
L'utilisation de la peur comme outil publicitaire est une autre pratique courante. Les messages alarmistes qui jouent sur l'urgence ou le désespoir économique visent à cibler les personnes vulnérables. Toutefois, dans un contexte publicitaire responsable, la promotion des services devrait privilégier la diffusion d'informations objectives et véridiques, sans recourir à la manipulation émotionnelle.
Ce phénomène est exacerbé lorsque les citoyens souscrivent à des services sans lire ni comprendre les conditions générales. On estime qu'une personne peut mettre plus de trois heures à lire les conditions contractuelles d'un simple site web de location de vacances. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que des clauses abusives passent inaperçues, clauses qui, dans de nombreux cas, peuvent être contestées devant les tribunaux et déclarées nulles et non avenues.
Les dangers d'Internet ne se limitent pas à des pertes financières ; ils portent également atteinte aux droits fondamentaux. L'utilisation d'algorithmes pour profiler les utilisateurs, l'exposition aux cyberattaques et l'accès non autorisé aux données personnelles constituent des risques bien réels dans un environnement numérique de plus en plus complexe.
Comme le souligne Jesús Pellón, membre du Groupe, le Code de déontologie de Abogacía Española Elle établit, entre autres, que la relation entre l'avocat et son client doit reposer sur la confiance, sans exploiter les situations de vulnérabilité particulière. Elle interdit également des pratiques telles que l'utilisation des clients à des fins publicitaires ou la promesse de résultats non garantis. « Toutes les dettes ne peuvent être effacées », souligne-t-elle.
« Je n’ai jamais dit à un client que nous étions sûrs de gagner ce procès. Garantir l’issue d’un procès n’est pas une bonne pratique professionnelle », prévient Pellón.
En définitive, l'essor de ces services souligne la nécessité de renforcer l'information et la protection des consommateurs. Car, dans un contexte où les solutions miracles et les messages alléchants pullulent, la prudence demeure la meilleure défense.





